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Les technologies au service de la mobilité

Les nouvelles technologies naviguent entre efficience accrue et contre-productivité…

Voler et pouvoir être attrapé au vol… Sans relâche, à n'importe quelle heure… Etre joignable, « e-mailable », envoyé à un rendez-vous imprévu pour éteindre un incendie-client, alors que l'on sort à peine d'un précédent… C'est le lot des cadres ou de n'importe quel salarié mobile. Et c'est ce que permettent les nouvelles technologies d'information et de communication… Portables pour un déjeuner virtuel, outils de localisation à distance par satellite optimisant les tournées d'une équipe de techniciens, etc. La façon de travailler a changé. Et peut-être plus particulièrement celle des cadres…
Directrice d'un service dans une très grande société internationale, Corinne, grâce au système informatique mis en place, peut savoir instantanément si l'un de ses collaborateurs est joignable, de quelle façon, s'il est derrière son PC de la filiale chinoise, en clientèle, au siège où elle se trouve aussi, etc. « Nous sommes dans le management virtuel ! Et pas mal de salariés, chez nous, n'ont plus vraiment de bureau… Cela fonctionne lorsqu'on accepte de ne plus avoir l'équipe physiquement sous la main, que la culture d'entreprise privilégie des repères très concrets. Par exemple : le travail de tel ou tel a-t-il été fait ou non ? »
Machines contre cerveaux ?

Le « bureau mobile » représente déjà plus de 30 % du budget télécommunications des entreprises. Et ce n'est sûrement qu'un début. Car le marché des GPS, GPRS, logiciel de rationalisation des déplacements, etc. explose ! Et les prix baissent… Avec des produits offrant toujours plus de fonctionnalités. Aujourd'hui, l'on peut téléphoner grâce à certains opérateurs, avec un même téléphone, un même numéro, que l'on soit au bureau ou en vadrouille, via Internet pour le coût d'un abonnement aux services de ces fournisseurs.
Des solutions informatiques de management à distance des collaborateurs itinérants, planifiant leurs agendas quotidiens, leurs déplacements, leurs rendez-vous, réduisent de 30 % le chemin qu'ils parcourent en voiture… Le tout en intégrant les contraintes spécifiques de l'entreprise, telles que le délai minimum d'intervention prévu dans le contrat avec le client, les horaires des salariés sur le pont, les compétences de chacun, etc.
Dans un autre registre, l'on sait que, par exemple, des journaux d'informations professionnelles peuvent être lus sur un téléphone portable… Mais, revers de la médaille, celui-ci peut… ne pas arrêter de biper ! Et devenir contre-productif…
« Les nouvelles technologies limitent les liens avec une base », constate Hélène Lacroix-Sablayrolles, directrice générale de Lacroix & Sablayrolles consultants, ex-directrice du département orientation client d'HEC Executive. Elles permettent aussi de voyager plus, d'être en phase avec l'internationalisation des affaires. « Les cadres voyagent bien davantage, car leurs entreprises ont des filiales partout. Certains sont toujours en mouvement et la mobilité physique est un critère très demandé. »
C'est devenu valorisant d'être ici un jour, là-bas un autre, voire perpétuellement absent… Vous cherchez à joindre quelqu'un et il est pour trois jours à New York, ne sera joignable que mardi la semaine prochaine et repart à Dubaï mercredi, jusqu'au week-end… S'il vous accorde une visioconférence, depuis son dernier point de chute, il contrarie son agenda…
Stress et culpabilité

« Jusqu'à 45 ans, les cadres sont fanas de voyages et fiers d'être mobiles, de dire qu'ils accumulent des points chez Air France, etc. Ensuite, le cerveau humain reprend le dessus, se fatigue de ces déplacements perpétuels », avise Hélène Lacroix-Sablayrolles. D'autant qu'en déplacement lointain vers une destination qui décale les horaires, on peut être amené à se joindre aux réunions virtuelles du siège vers trois heures du matin, etc.
« Les nouveaux outils de communication sont un extraordinaire moyen d'accroître la productivité, dit Christophe Jacquot, cadre sup en transition, qui connaît bien la question. Mais il ne faut pas qu'ils instaurent un état de qui-vive perpétuel. L'on doit savoir configurer la messagerie de son portable, afin de ne recevoir des e-mails qu'à certaines heures où l'on peut les traiter. Sans quoi, l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle en pâtit et, par conséquent, les performances. »
Selon une récente étude de la Cegos, plus de 60 % des cadres n'ont pas le temps de traiter toutes les informations qui leur parviennent… Stress et culpabilité. Et la fixation des réunions, toujours d'après la même enquête, arriverait par courriers électroniques dans 80 % des cas ! Toutefois, les salariés estiment, pour 45 % d'entre eux, que les nouvelles technologies d'information et de communication rapprochent les managers de leurs collaborateurs, contre 25 % jugeant l'inverse… L'usage de tous ces outils reste encore, sans doute, à apprendre…

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